mercredi, 19 mars 2008

La fleur au fusil...

... Le dernier des "poilus" s'en est allé. Avec la disparition de Lazare Ponticelli n'oublions jamais ces millions de soldats tombés au Champ d'honneur.

medium_1096774028-sarkozy-et-chirac-cote-cote-pour-l-hommage-aux-invalides.jpg

J'avais oublié de mentionner que tous ces jeunes partaient pour sauver "notre Drapeau" et ils espéraient que ce n'était qu'une simple formalité qui se règlerait en peu de temps... Hélas ce ne fut pas le cas !!!

medium_IMGP0021.JPG

Les uns et les autres, dans nos familles, nous avons écouté, avec attention, les récits de ceux qui, par chance, avaient échappé à la boucherie.

Pour ma part mes deux grands-pères étaient revenus de la "Grande Guerre" et ils en parlaient avec délicatesse et sans excès. Ayant peu connu mon grand-père maternel ce sont plus  les récits de mon grand-père paternel. Aujourd'hui c'est vers lui qu montent mes pensées pour cet homme admirable né en 1883.

Dès septembre 1914 mon grand-père est incorporé et envoyé au front(ma grand-mère est enceinte, pour la seconde fois de trois mois. Il viendra en permission peu de temps après la naissance de sa fille, puis, au printemps 1917, dans le cadre des prises en compte des chargés de famille(cela existait quand on était bien conseillé)il fut versé dans le service auxiliaire et plus partculièrement dans le service de santé aux armées. On avait pris en compte le fait qu'il avait déjà deux enfants et que son épouse était enceinte d'un troisième enfant.

C'est ainsi qu'il s'est retrouvé infirmier à l'hôpital de Bizy dans l'Eure. Le 17 mai 1917 mon grand-père envoyait cette carte postale à ma grand-mère pour lui donner de ses nouvelles et la remercier de ses lettres qui lui étaient d'un grand réconfort dans ce milieu hospitalier qui était presqu'aussi difficile à supporter que le front car les arrivants étaient parfois dans un triste état.

Que penser du côté morbide de la carte, mais c'était une façon d'immortaliser leur vie en faisant éditer ce genre de carte... mais pour moi et ma famille elle est très importante car on y voit mon grand-père avec sa blouse blanche et ses belles bacchantes(à l'extrème droite devant le jeune militaire). De plus le caractère très personnel du courrier en dit sur l'Amour qui les unissait.

medium_Hôpital_militaire_de_Bizy_1_.2.jpg

Les lettres et cartes se multiplient car, bien que mobilisé à quelques dizaines de kilomètres de son domicile, les permissions sont rares et c'est plutôt ma grand-mère qui se déplace pour voir, quelques minutes, son mari. Ci-après une carte de juin 1917(grand-père adossé au pilier du fond avec uniquement un tablier...).

medium_Hôpital_militaire_de_Bizy_2_.jpg

Toujours à l'hôpital militaire de Bizy on pose pour la photo souvenir de l'Armistice du 11 novembre 1918(au premier plan à gauche).

medium_le_11_novembre_1918.jpg

Etant donné qu'il avait "bénéficié" du rapprochement familial, mon grand-père ne fut démobilisé qu'au Printemps 1919... mais tant que le château de Bizy resta un hopital militaire il s'y rendait, régulièrement, pour visiter les grands blessés qu'il avait soignés à la fin de la Guerre 14/18. On le voit ici devant l'une des portes du château.

medium_Grand-Père_Joseph_démobilisé.jpg

Des souvenirs émouvants que je suis en train de transmettre à ma famille car j'étais le détenteur de nombreux faits relayés par ma grand-mère paternelle avec qui j'ai vécu depuis l'âge de 6 ans jusqu'à mon "départ pour la ville"(j'avais 24 ans) à la fin de mes études.