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19/06/2011

Belle fête à tous les Papas

Chaque année nous fêtons nos Pères pour les remercier de leur protection, du temps passé avec eux et surtout de l’amour qu’ils nous donnent... Qu’il soit papa poule, papa gâteau, autoritaire ou protecteur, nous disons je t’aime à notre Père tous les ans en juin.

En France, c'est le fabriquant de briquets Flaminaire qui eut l'idée, le premier, de créer la fête des pères, en donnant l'occasion d'offrir à cette occasion un briquet à son papa. La fête fut fixée par un décret de 1952 au troisième dimanche de juin. Ceci pour faire écho à la Fête des Mères, créée en France en 1941 sous le régime de Vichy et confirmée par un décret de 1950.

C'est donc en 1952 que la fête des pères a été instaurée en France.

Attention, on dit bien instaurée car la fête des pères, contrairement à celle des mamans, n’a jamais été officialisée. Elle a pris sa place dans nos calendriers et nous la célébrons chaque année mais ce n’est pas une fête officielle. Souvent considérée comme une fête commerciale comme la fête des grands-mères, la fête des pères a du mal à prendre autant d’ampleur que la fête des mères.

Cliquez sur le lien ci-dessous :

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12/06/2011

Le 12 mars 2011 à l'Opéra de Rome : Révolte culturelle

Un superbe moment de performance musicale et de révolte culturelle. Prenez le temps de lire le texte, et n'oubliez pas de cliquer sur le lien pour voir la vidéo à la fin du texte.

Le 12 mars dernier, Silvio Berlusconi a dû faire face à la réalité. L’’Italie fêtait le 150ème anniversaire de sa création et à cette occasion fut donnée, à l’’opéra de Rome, une représentation de l’’opéra le plus symbolique de cette unification : Nabucco de Giuseppe Verdi, dirigé par Riccardo Muti.
Nabucco de Verdi est une oeœuvre autant musicale que politique : elle évoque l'épisode de l'esclavage des juifs à Babylone, et le fameux chant “Va pensiero” est celui du chant des esclaves opprimés. En Italie, ce chant est le symbole de la quête de liberté du peuple, qui dans les années 1840 - époque où l'opéra fut écrit - était opprimé par l'empire des Habsbourg, et qui se battit jusqu'à la création de l’’Italie unifiée.

Avant la représentation, Gianni Alemanno, le maire de Rome, est monté sur scène pour prononcer un discours dénonçant les coupes dans le budget de la culture du gouvernement. Et ce, alors qu’’Alemanno est un membre du parti au pouvoir et un ancien ministre de Berlusconi.

Cette intervention politique, dans un moment culturel des plus symboliques pour l’’Italie, allait produire un effet inattendu, d’’autant plus que Sylvio Berlusconi, en personne, assistait à la représentation…...
Repris par le Times, Riccardo Muti, le chef d'orchestre, raconte ce qui fut une véritable soirée de révolution : « Au tout début, il y a eu une grande ovation dans le public. Puis nous avons commencé l’’opéra. Il se déroula très bien, mais lorsque nous en sommes arrivés au fameux chant “Va Pensiero”, j’ai immédiatement senti que l’’atmosphère devenait tendue dans le public. Il y a des choses que vous ne pouvez pas décrire, mais que vous sentez. Auparavant, c’est le silence du public qui régnait. Mais au moment où les gens ont réalisé que le “Va Pensiero” allait démarrer, le silence s’’est rempli d’une véritable ferveur. On pouvait sentir la réaction viscérale du public à la lamentation des esclaves qui chantent : “Oh ma patrie, si belle et perdue !”.

Alors que le chant arrivait à sa fin, dans le public certains s’’écriaient déjà : “Bis !” Le public commençait à crier “Vive l’Italie !” et “Vive Verdi !”. Des gens du poulailler (places tout en haut de l’’opéra) commencèrent à jeter des papiers remplis de messages patriotiques... – Certains demandant “Riccardo Muti, sénateur à vie”.

Bien qu’’il l’’eut déjà fait une fois à La Scala de Milan en 1986, Riccardo Muti hésita à accorder le “bis” pour le “Va pensiero”. Pour lui, un opéra doit aller du début à la fin. « Je ne voulais pas faire simplement jouer un bis. Il fallait qu’’il y ait une intention particulière. », raconte-t-il.

Mais le public avait déjà réveillé son sentiment patriotique. Dans un geste théâtral, le chef d’orchestre s’est alors retourné sur son podium, faisant face à la fois au public et à M. Berlusconi, et voilà ce qui s'est produit :

Après que les appels pour un "bis" du "Va Pensiero" se soient tus, on entend dans le public : "Longue vie à l'Italie !"
Le chef d'orchestre Riccardo Muti : Oui, je suis d'accord avec ça, "Longue vie à l'Italie" mais...(applaudissements) :
Je n'ai plus 30 ans et j'ai vécu ma vie, mais en tant qu'Italien qui a beaucoup parcouru le monde, j'ai honte de ce qui se passe dans mon pays. Donc j'acquiesce à votre demande de “bis” pour le "Va Pensiero" à nouveau. Ce n'est pas seulement pour la joie patriotique que je ressens, mais parce que ce soir, alors que je dirigeais le Chœur qui chantait "O mon pays, beau et perdu", j'ai pensé que si nous continuons ainsi, nous allons tuer la culture sur laquelle l'histoire de l'Italie est bâtie. Auquel cas, pour nous, notre patrie, serait vraiment "belle et perdue".([Applaudissements à tout rompre, y compris des artistes sur scène).
Riccardo Muti : Depuis que règne par ici un "climat italien", moi, Riccardo Muti, je me suis tu depuis de trop longues années. Je voudrais maintenant... nous devrions donner du sens à ce chant, comme nous sommes dans notre Maison, le théâtre de la capitale, et avec un Chœur qui a chanté magnifiquement, et qui est accompagné magnifiquement, si vous le voulez bien, je vous propose de vous joindre à nous pour chanter tous ensemble.

C’’est alors qu’’il invita le public à chanter avec le Chœoeur des esclaves. “J’ai vu des groupes de gens se lever. Tout l’opéra de Rome s’’est levé. Et le Chœoeur s’’est lui aussi levé. Ce fut un moment magique dans l’’opéra.”

”Ce soir-là fut non seulement une représentation du Nabucco, mais également une déclaration du théâtre de la capitale à l’’attention des politiciens.”

 
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